« On ne peut plus rien dire » – L’influence grandissante des néomarxistes autoritaires dans l’espace public en Occident

Raciste, sexiste, misogyne, homophobe, transphobe, islamophobe, haineux, nazi. Voici sans doute quelques-uns des termes qui me seront appliqués parce que j’ai eu la mauvaise idée de vouloir partager mes opinions sur ce blog. Et je tiens à insister sur ce point, un des buts de ce blog est de créer un espace de discussion dans lequel je peux développer mes idées et obtenir des critiques constructives de celles-ci. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, tout ce que vous y lirez n’est que mon opinion à laquelle j’espère avoir encore droit.

Dans le climat politico-médiatique et sociétal actuel, l’heure n’est plus tellement à la réflexion et au débat, mais à la censure des opinions qui contredisent les points de vue sur certains sujets étant maintenant considérés comme sacro-saints et indiscutables par la gauche radicale.  Parmi ces sujets : la politique migratoire, les différences entre les hommes et les femmes, l’orientation sexuelle, le changement climatique, l’Islam. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive et continue à s’allonger au fil du temps.

Tout le monde doit automatiquement adhérer au point de vue que l’immigration de masse incontrôlée et l’importation de personnes issues de cultures incompatibles avec les valeurs occidentales est une bonne chose. Vous n’êtes pas d’accord? C’est parce que vous êtes un raciste nazi islamophobe, c’est évident ! Ce climat a peu à peu été amené par les autoritaires d’extrême-gauche qui ne supportent pas que leurs diverses idéologies rigides soient remises en question de quelque manière que ce soit. Le simple fait de remettre ces points de vue en question sur la place publique ou sur internet attirera les attaques des inquisiteurs idéologiques de cette gauche radicale.

Les dogmes de la gauche radicale actuelle trouvent leurs sources dans l’idéologie marxiste : tout est une question de lutte de classes et notre monde n’est qu’un champ de bataille sur lequel s’affrontent les riches oppresseurs et les pauvres victimes de la classe ouvrière. Les riches sont toujours coupables et maléfiques et leur but dans la vie est d’opprimer les pauvres dont ils ont prétendument volé les richesses, parce que tout le monde sait que la production et la distribution des richesses est un jeu à somme nulle : si vous devenez riche, c’est parce que vous avez volé les richesses de quelqu’un d’autre! Seulement voilà, l’enrichissement rapide de la classe ouvrière dans la seconde moitié du XXème siècle et le déclin de l’union soviétique couplé avec l’exposition des horreurs du régime communiste par des écrivains comme Alexandre Soljenitsyne sonneront le glas de la validité de ce courant d’idées en tant que système politique et philosophie viable.

La gauche radicale ne pouvait plus dès lors plus jouer à son petit jeu qui consistait à prétendre que la classe ouvrière était pauvre parce que les riches leur avaient volé leur richesse. Mais c’était sans compter l’ingéniosité de ces idéologues en soif de revanche contre un monde qui leur semble injuste et hostile. C’est ainsi qu’ils ont décidé de remplacer la lutte des classes par la lutte des minorités opprimées contre la majorité oppressante. Minorités ethniques contre blancs racistes, hommes contre femmes, homosexuels contre hétérosexuels, transsexuels contre personnes cisgenres (si vous ignorez le sens de ce mot, c’est normal, il est souvent difficile de se tenir à jour par rapport au vocabulaire qu’ils inventent). Les néomarxistes peuvent désormais déconstruire le monde et les dynamiques sociales à l’infini sous le prisme de ce que les politologues appellent « la politique identitaire ».

Les néomarxistes ont une vision du monde simpliste, premièrement parce que ça ne demande presque aucun effort de diviser la population entre oppresseurs et victimes, et ensuite parce qu’un minimum d’effort pour s’éduquer sur certains sujets suffit à démanteler leurs idées. Mais le problème est que les faits, les études scientifiques, les statistiques sont souvent produits par des personnes et institutions qu’ils estiment faire partie du problème qu’ils essayent de résoudre. Pour eux, nous vivons dans une société patriarcale oppressante responsable de tous les maux auxquels font face les minorités qu’ils prétendent défendre. Dans ce tableau, vous êtes soit l’oppresseur toujours automatiquement privilégié et coupable, soit la pauvre victime toujours automatiquement opprimée, angélique et dénuée de toute responsabilité.

N’est-ce pas là un discours enchanteur pour toute personne rencontrant des difficultés dans sa vie personnelle, sentimentale ou professionnelle ? « Ce n’est pas de ta faute, vois-tu, c’est parce qu’il y a des gens privilégiés qui t’oppriment et te mettent des bâtons dans les roues, ce sont les hommes qui oppressent les femmes, ce sont les blancs qui discriminent contre les minorités ethniques, etc. » N’avons-nous pas tous envie d’entendre ces paroles rassurantes lorsque nous n’arrivons pas à atteindre nos objectifs? « Ce n’est pas de ta faute, c’est la société qui est corrompue ! Si la société était structurée en accord avec les idéaux néomarxistes, tu ne serais pas victime de ces injustices. » Sachant cela, il est facile de comprendre pourquoi cette idéologie attire un grand nombre d’adeptes. Blâmer les autres pour ses manquements est facile, beaucoup plus facile que de se regarder dans le miroir, d’identifier ses faiblesses et de travailler sur soi-même.

Et c’est bien là ce que les adeptes de cette idéologie refusent opiniâtrement de faire. Si leur vie n’est pas comme ils l’espèrent, s’il y a des injustices, s’il y a des inégalités, si le monde va mal, c’est toujours de la faute des autres, et ce sont eux qui doivent changer et arrêter d’opprimer les autres par leur réussite. Ils s’attribuent le rôle de victime et estiment qu’ils n’ont rien à se reprocher. Ce sont des gens bien puisqu’ils prennent la défense des opprimés ! Si seulement on leur accordait plus de pouvoir, ils trouveraient les solutions aux maux de notre société injuste et opprimante envers les groupes marginalisés.

Car s’il y a bien une chose en laquelle les néomarxistes croient, c’est le pouvoir, et ils n’hésitent pas à employer les stratégies les plus vicieuses pour l’obtenir. Puisque d’après eux, tout est une question de pouvoir et les personnes en haut de toute hiérarchie sociale y sont arrivées en oppressant les plus faibles qu’eux, en quoi leur utilisation de ce même pouvoir serait-elle injuste ? Selon eux, le pouvoir est toujours illégitime et ils semblent incapables de reconnaître les notions d’autorité et de compétence. Quand on dit se battre pour l’égalité, la diversité, les opprimés, il semble que la fin justifie les moyens. Leur stratégie privilégiée sera d’agir derrière le masque de la compassion. Compassion toujours dirigée vers les diverses populations opprimées pour lesquelles ils prétendent être les représentants et défenseurs. Et si vous avez le malheur de ne pas faire partie de l’un de ces groupes opprimés et vous osez émettre une opinion contraire à leur idéologie, vous devenez le pire des monstres à leurs yeux : un raciste, un sexiste, un misogyne, un homophobe, un transphobe, un islamophobe, un haineux, un nazi, pire qu’Hitler ! Car pour les membres de la gauche radicale, le point Godwin n’est pas un dernier recours mais leur arme de premier choix pour s’adresser à leurs opposants et tenter de fermer le débat en un tour de main.

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Exemple d’atteinte instantanée du point Godwin dans une réaction à un article concernant l’affaire Théo Francken et l’expulsion des migrants soudanais.

La frange radicale et autoritaire de la gauche s’adonne à ce petit jeu depuis des décennies maintenant, mais l’arrivée d’internet, des blogs et des réseaux sociaux a joué un rôle d’amplificateur dans la propagation de ces idées et ces tactiques radicales. Si vous surfez régulièrement sur les réseaux sociaux, vous avez sans doute vu ces personnes apparaître dans les commentaires d’un article Facebook et le jeu est toujours le même : accuser la personne émettant l’opinion jugée comme dissidente de raciste, sexiste, haineux, etc. et espérer la faire culpabiliser tout en essayant d’attirer une foule enragée qui se chargera de rabaisser et parfois de menacer la personne en question. Aux Etats Unis, il est devenu courant de « doxxer » (publier les informations personnelles) la personne ayant émis des propos « inappropriés » et les militants vont parfois jusqu’à contacter l’employeur de la personne pour exiger son licenciement. Le néomarxiste est également très friand des arguments ad hominem. Ses valeurs suprêmes telles que la tolérance, l’empathie, la compassion semblent toutes se volatiliser à partir du moment où la personne adressée a osé remettre en question sa sacro-sainte idéologie.

Sacro-sainte car il est parfois difficile de ne pas rester bouche bée face à la virulence avec laquelle les néomarxistes vont défendre leur idéologie. Et cela n’est pas étonnant, nous vivons dans un monde complexe et terrifiant, et telle une religion, leur idéologie simpliste et réductrice leur permet de simplifier leur lecture de la réalité. Critiquer leur système de pensée, c’est critiquer ce système qui leur permet de supporter la vie sans avoir à faire face à la vérité. Ce qui explique l’agressivité qu’ils montreront à l’égard de leurs ennemis. Quels sont ces ennemis ? A l’heure actuelle, toute personne ayant des convictions à droite sur l’échiquier politique et au vu des dernières évolutions, nous pouvons maintenant inclure les personnes au centre et parfois même la gauche traditionnelle tellement leurs vues ont eu tendance à se radicaliser ces dernières années. Et comme la gauche radicale est visiblement en train de perdre la guerre sur le terrain des idées, celle-ci appelle de plus en plus à la censure des points de vue opposés aux leurs en les caractérisant comme haineux, problématiques (autre mot fétiche qu’ils aiment employer), dangereux, etc.

Je n’ai pu m’empêcher de remarquer la montée de ce mouvement ces dernières années, sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans ma vie de tous les jours. Et les activistes de ce mouvement ont malheureusement réussi à développer une influence sur beaucoup de personnes qui n’osent maintenant plus exprimer ce qu’ils pensent vraiment par peur de représailles. Comme s’il y avait une personne invisible les jugeant en permanence. « Je ne peux pas dire ça, je pourrais perdre mon job, on va peut-être penser que je suis raciste, etc. » Cette dégradation de la liberté d’expression sous mes yeux me fait peur, car nous assistons selon moi aux premiers balbutiements de ce qui pourrait évoluer en régime totalitaire dans lequel la liberté d’expression serait étouffée sous prétexte de vouloir protéger la population des propos prétendument haineux, problématiques, dangereux, etc.

Par leurs tentatives de censure du langage et des idées contraires à leur vision du monde, les militants de la gauche radicale sont en train de poser les précédents d’un climat sociétal et politique dans lequel dire la vérité ou même décrire la réalité telle qu’elle est pourrait devenir un crime. Et l’incorporation de ce genre d’offense dans la loi est déjà devenue effective au Canada où l’on peut maintenant être poursuivi pour « transphobie » ou « islamophobie ». Ces néologismes sont aussi mal construits et mal définis que les lois qui leur sont liés. Désormais, une simple opinion contraire l’idéologie de la gauche radicale peut vous envoyer devant les tribunaux de la “justice sociale” (terme qu’ils définissent comme bon leur semble selon l’agenda du jour) au Canada.  Je pense qu’on commence à assister aux prémisses de ces législations autoritaires et orweliennes dans les universités européennes qui semblent avoir été infiltrées par des personnes souscrivant à l’idéologie néomarxiste : utilisation à tout-va des termes racisme, sexisme, transphobie, islamophobie et surtout de l’écriture inclusive. Pourquoi s’arrêter à la censure des idées et de la pensée ? Redéfinissons aussi la grammaire de la langue française elle-même et n’oublions pas de préciser aux personnes en désaccord avec ce genre d’idée radicale que s’ils s’y opposent, c’est qu’ils sont contre l’égalité homme-femme, bien entendu.

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Exemple d’appel à la censure sur la page Facebook de l’Université libre de Bruxelles. Notez l’exécution instantanée et l’utilisation de l’écriture inclusive par l’ULB qui est censée promouvoir le savoir, le bon usage de la langue française et le libre échange d’idées.

La gauche autoritaire aime attribuer au langage un pouvoir qu’il n’a pas, celle-ci  pense que la parole est à l’origine de tous les maux dans notre société et que si seulement les gens pouvaient éviter de parler des sujets qui fâchent, si seulement tout le monde adoptait l’écriture inclusive, ces maux finiraient sans doute par s’évaporer. Car la meilleure façon de résoudre un problème est de ne pas en parler et de prétendre qu’il n’existe pas, n’est-ce pas ? Quand j’évoque ce problème autour de moi, on me dit souvent que j’exagère et qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter, mais je pense que beaucoup de gens ne réalisent pas l’ampleur de la menace, la liberté d’expression est précieuse et rare et je pense que c’est une erreur monumentale de la considérer comme un acquis. Seul 9% de la planète vit sous une réelle démocratie et la prospérité que nous connaissons actuellement en Occident est une anomalie dans l’histoire de l’humanité, certainement pas la norme. C’est pourquoi continuer à volontairement restreindre notre liberté d’expression par peur des représailles de la police de la pensée est extrêmement dangereux. La liberté d’expression a été érigée en valeur primordiale en Occident parce que nous nous sommes rendu compte qu’il était préférable de débattre plutôt que de se battre. Ce qui ne semble pas être de l’avis de cette frange radicale de la gauche vu ses fréquents appels à détruire la réputation d’une personne aux idées contraires aux leurs et parfois à la violence physique lorsqu’ils se rendent compte qu’ils ne gagneront jamais le débat sur le terrain des idées.

C’est pourquoi je vous encourage à garder les yeux ouverts et à ne pas prendre les actes de ces activistes radicaux à la légère, une phrase que je vois beaucoup circuler sur les réseaux sociaux est « on ne peut plus rien dire ». Posez-vous la question : quelles sont ces personnes qui vous disent que vous n’avez plus le droit d’exprimer votre opinion sur un sujet particulier ? Vous vous rendrez vite compte qu’il s’agit d’une minorité de personnes qui encourage cet étouffement de la liberté d’expression et qui crée ce climat dans lequel le reste de la population a peur de dire quelque chose d’offensant envers tel ou tel groupe de personnes dont ils se prétendent être les défenseurs et les porte-paroles. Ne les laissez pas avoir tant de pouvoir sur vous et osez dire ce que vous pensez, même si c’est offensant, car oui la liberté d’expression c’est aussi le droit d’offenser, que cela plaise à ces nouveaux autoritaires du langage ou pas. Si nous les laissons aller trop loin, le futur dystopique du roman 1984 pourrait bien devenir notre réalité.

Si vous avez des objections constructives par rapport à cet article, que cela soit sur le fond ou sur la forme, n’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.

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